Bonjour à tous,
bien que David en est parlé dans son billet du 11 Février, il convient d'insister sur le travail qu'effectue chaque jour la sécurité des pistes pour que nous trouvions chaque matin des pentes sans bosses, sans glace (le mieux possible) et ce pour notre plus grand plaisir.
D'abord quelques précisions et quelques chiffres.
Le damage est confié à une société fonctionnant sous le mode régie (société communale).
Les dameuses sont achetées par la SEVABEL. Mais celle-ci paye 10% de son chiffre d'affaire pour le fonctionnement de la régie (paye des chauffeurs, entretien, carburant, etc...)
Une machine c'est une FERRARI mais qui va sur la neige et à petite vitesse.
Je m'explique :
moteur : 420 chevaux
prix neuf : 220 000 €uros
grosse consommation en carburant
Là s'arrête la comparaison.
Coté poids le monstre, pèse 7 tonnes, se conduit, certes comme une voiture (dans un virage le volant freine progressivement la chenille intérieure et accelère la chenille extérieure). On peut même tourner sur place.
Coté vitesse c'est du 20 à 30 KM/h. Lors d'un poste de 7h la machine parcours environ 50 Km.
Le carburant c'est du gasoil.
Autant dire que vue le prix d'achat du "petit" engin. C'est avec précaution, professionnalisme et au fil d'une formation longue que mon chauffeur a pu acquerir toute la dextérité nécessaire.
Mon chauffeur André, toujours attentif au pilotage, me confit qu'il faut 5 ans pour arriver à connaitre toutes les ficelles du métier et que de la qualité du formateur dépend la réussite de l'élève.
Il faut savoir aussi que la durée de vie de chaque machine est de 4 saisons (en moyenne) aux Ménuires.
En effet au bout de 4 ans, la dameuse a totalisé 6000 heures de fonctionnement et la prolonger fait exploser les coûts de maintenance.
Si bien que 3 dameuses sont achetées chaque année pour renouveler le parc.
Calculez : 3 X 220000, c'est 660 000 €uros qui partent simplement pour notre plus grand plaisir : des pistes parfaites chaque matin.
Rajoutons que l'argus de la dameuse n'est pas terrible. Les constructeurs (ils ne sont que 2 dans le monde) reprennent les machines mais pour ainsi dire une bouchée de pain, les rénovent et les revendent à des stations de plus petits domaines.
La régie comporte 28 chauffeurs ( 2 par dameuses)
David avait déjà évoqué le travail posté.
Il faut rajouter que si le travail du soir est suffisant (fonction de la qualité de la neige, de la température extérieure, de l'état des pistes au départ (la neige de printemps donne beaucoup plus de travail que les neiges froides de l'hiver) et aussi d'une éventuelle chute de neige nocturne (10 cm et plus)) le responsable des pistes peut décider d'éviter le damage du matin.
Coté volume : 75 à 80 % du domaine est damé systèmatiquement chaque jour.
Les pistes noires peuvent être damées 3 à 4 fois par saison.
C'est 4000 litres de fuel qui partent en fumée chaque jour pour faire fonctionner le parc.
Ce paramètre carburant prend de l'importance avec les dernières hausses.
Andrè me confie que certaines stations ont déjà envisagé une baisse du damage cette année.
Pour les 3 vallées, ce n'est pas le cas pour l'instant.
Mais cela n'engage que moi : pour la suite, qui va payer la Sevabel ?, le client en final ? Verra-t-on un jour des dameuses fuel/electrique, ou à l'huile de colza. Non je déconne !!!
Pendant que nous échangeons nos points de vue. Mon chauffeur ne perd pas d'une seconde le fil de son travail.
André gère en permanence à l'aide d'une sorte de "joystick" la position de la lame de devant (il faut bien araser toutes les bosses).
A l'arrière une fraise pénètre la neige sur une épaisseur de 5 à 7 cm.
Je constate aussi qu'il n'est absolument pas évidant, dans la paleur du jour faiblissant et compte tenu qu'il neige à gros flocons, de repérer le précédant passage afin d'effectuer un raccord parfait.
A la lumière des projecteurs de la machine, la nuit étant tombée les contrastes s'amèliorent.
Quelques mots de ma sortie :
16h45 : Marcel, le chef de secteur m'accueil. J'assiste au brieffing de prise de poste. On me chambre sur le terme "Ambassadeur", mais ce n'est pas méchant.
A oui ! les secteurs Kezaquo?
Le parc des Ménuires est divisé en 4 secteurs.
Le secteur de St Martin qui possède son propre garage.
Le secteur de la Masse qui possède son propre garage.
Les secteurs du Mont de la Chambre et des Combes qui sont regroupés dans le garage face au départ de l'Etèle.
Marcel est responsable du secteur des Combes.
Pour indication, la Croisette, les Creux sont damés entre autre par le secteur des Combes.
17 heures : je suis confié à André (mon chauffeur) qui va devoir me supporter jusqu'à 20 heures (heure du casse-croûte).
Rajoutons qu'après avoir damé le jardin d'enfant des Piou-Piou (15 à 30 minutes rien que pour eux, on les gate les petits, mais c'est normal),
nous attaquons la Croisette et les Creux.
Nous fonctionnons alors en binome ( 2 dameuses de front ou qui se croisent ).
2 raisons évidentes même si elles n'ont pas été évoquées me viennent à l'esprit :
Sécurité et assistance : bien que reliés en permanence par radio, les conditions de travail sont souvent difficiles, à deux ça peut aider
Et aussi rompre l'isolement.
Il faut aussi dire que le front de neige des Ménuires est très large. 2 dameuses c'est pas de trop.
Le parcours obéit à des règles évidentes.
De 17h à 20h les bas de pistes ne sont pas touchés. il faut permettre à nos chères petites têtes blondes de se défouler avec leurs luges en toute sécurité.
Je le constate quand mon chauffeur me ramène aux Reberty. La piste des Boyes est tapissée de traces de pas.
2 types de dameuses existent.
Les dameuses avec treuil.
Les autres.
La mienne est une dameuse sans treuil.
Les dameuses avec treuil sont utilisées pour les pistes pentues.
En montant le long des Creux, je regarde travailler dans le stade de slalom (piste rouge) une dameuse avec treuil.
Son cable de treuil est accroché à un ancrage.
Le cable va jusqu'à une longueur de 1200 m.
Arrivée en bas, au bout du cable, la rotation du treuil et l'inversion du "portique" du treuil se font automatiquement.
De 17h à 20h nous avons ainsi déambulé sur les piou-piou, le haut de la croisette, tout les Creux, remonté jusqu'au Restaurant du Cairn,
damé le bas de la Becca, remonté jusqu'au bas du mur des Allamands.
Il est 20 heures.
André m'a supporté pendant 3 heures, je suis laché sous la passerelle des reberty, après une rapide descente des Boyes.
Mon taxi fait sensation. Il y a du monde aux fenêtres.
Pensez-vous une Ferrari !!!
Mes remerciements les plus chaleureux pour leur accueil à Marcel et à André.
A propos : une remarque d'André. Nous avons damé un chemin qui passe au dessus de l'usine à neige.
Il part de coté gauche des creux et abouti en longeant la Douillet juste au sommet du télésiege des Ménuires.
Pensez-y. Il permet d'éviter l'arrivée du télésiege des Ménuires mais il est très confidentiel.
Je joins quelques photos commentés de la soirée.
Une dameuse à treuil. On voit bien sur la plateforme : le tourret qui contient le cable et le portique.

Mon carosse m'attend.

André au commande de sa "Ferrari" reste très vigilant.
Main gauche le volant, main droite la commande de la lame de devant

Nous croisons de temps en temps notre co-équipier.

Les bosses de la Croisettes ont du plomb dans l'aile. Une à une elles seront arasées. Devant la dameuse la neige dévale la pente.
